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09/01/2007

09/01/07 - 13:39

Pourquoi je soutiens Nicolas Sarkozy

Vous êtes nombreux à me dire, par courriel, par lettre, au hasard d’une rencontre : « Il faut vous présenter à la prochaine élection présidentielle ! »

Vous répondre que je n’y ai jamais pensé serait mentir.

Quand on a consacré, comme je l’ai fait, une grande partie de sa vie professionnelle à l’engagement politique, quand on a exercé de lourdes responsabilités publiques, il est naturel d’éprouver ce désir. Tout simplement pour accomplir sa tâche jusqu’au bout et tenter de concrétiser ses idéaux.

Les circonstances ne me permettront pas d’entrer dans la course.
Ecarté, par ma faute, des premiers rôles de la scène politique nationale depuis plusieurs années, je ne me sens pas en situation de me lancer dans la compétition avec quelque chance de victoire. Et à quoi servirait une campagne de témoignage, sinon à jeter le trouble dans ma propre famille politique ?

Est-ce à dire que je ne m’engagerai pas dans le débat qui s’annonce ? J’ai trop ancrée au fond de moi la passion de mon pays pour me retirer sur l’Aventin.
J’ai envie d’exprimer moi-même, et d’entendre de la part des candidats, un certain nombre d’idées auxquelles je crois.

Et d’abord l’amour de la France. De ce qu’elle est, de ce qu’elle doit demeurer.
Je crois à la vertu de fidélité, y compris chez les peuples.
Je crois en une France fidèle à elle-même.
Fidèle à son histoire, à sa culture, à sa langue, à ses valeurs.
Fidèle au « modèle » économique et social qu’elle a construit au fil des décennies, c’est-à-dire à l’équilibre entre l’esprit d’entreprise et l’économie de marché, sources de toute richesse d’un côté, et, de l’autre côté, l’élan de fraternité et de solidarité, l’exigence de protection collective sans lesquels la volonté de vivre ensemble qui définit le sentiment national s’étiole. La recherche de cet équilibre est un combat de tous les jours. Mais elle fait la beauté de notre aventure commune.

Fidélité de la France encore à sa vocation européenne et internationale : faire entendre une voix libre, qui parle de paix, de coopération, de développement, de justice, de gouvernance mondiale plutôt que de confrontation ou de coercition.

France fidèle. France moderne. Qui pourrait nier que notre pays a besoin, dans certains domaines, de profonds changements pour s’adapter au monde nouveau ? Il a su le faire, et magnifiquement, tout au long de son histoire et notamment depuis un demi-siècle.

On voit bien aujourd’hui les défis à relever : remettre le travail à l’honneur ; diffuser dans notre société une vraie culture de responsabilité ; « agiliser » l’Etat ; donner la priorité à la formation des hommes et des femmes, notamment en dotant l’enseignement supérieur des moyens et de l’organisation qu’il mérite ; investir massivement dans la recherche… Sur ces questions et sur quelques autres, j’ai avancé des propositions dans le livre que je viens de publier : « France, mon pays. Lettres d’un voyageur ».

Il est un domaine où une rupture s’impose : le sauvetage de la planète. Nous savons que, si nous ne réagissons pas vigoureusement, le processus de destruction de la nature, de la vie et sans doute de notre Terre deviendra irréversible. Or nous avons la capacité de réussir. A condition de consentir, du local au global, à une révolution écologique de nos comportements. Je reviendrai plus longuement sur les voies et moyens de cette révolution, dans le cadre de la préparation de le Conférence de Paris qui doit se tenir à l’Elysée les 2 et 3 février prochain et dont le Président de la République m’a confié la coordination.

Voilà quelques-uns des sujets dont j’aimerai voir débattre les candidats à la prochaine élection présidentielle.

Dans ma famille politique, Nicolas Sarkozy s’est déjà exprimé sur certains d’entre eux. J’ai partagé plusieurs de ses analyses ou de ses projets : je pense à sa volonté d’organiser l’immigration de manière plus cohérente, en liaison avec les pays d’émigration ; à sa vision d’une fiscalité plus juste et plus incitative ; ou encore à ses propositions pour sortir l’Union européenne de la crise d’identité où elle est plongée. Je me suis réjoui de voir l’évolution de sa pensée sur la manière de débloquer le modèle français d’intégration ou sur l’avenir de notre protection sociale. Il lui appartient maintenant de préciser son projet présidentiel, par exemple : sur le fonctionnement de nos institutions, sur le nécessaire effort de défense de la France ou sur la spécificité de sa politique étrangère.

Le choix d’un candidat, c’est le choix d’un projet. C’est aussi le choix d’une personne.
Je connais bien Nicolas Sarkozy, depuis longtemps. Je connais ses forces et ses faiblesses, comme il connaît les miennes. J’apprécie sa capacité d’agir. Il en a fait la démonstration depuis 2002. C’est un atout majeur pour conduire une grande Nation dans un monde turbulent.
Il y faut aussi la capacité de rassembler, qui implique le refus de toute forme d’intégrisme, le sens de l’écoute et le respect du point de vue d’autrui. Nicolas Sarkozy veut et peut rassembler.

Le temps du débat interne à notre famille politique est maintenant clos. Comme je l’ai affirmé à plusieurs reprises, ces dernières semaines, seul Jacques Chirac, du fait de sa fonction, ne saurait être tenu par des procédures de parti. S’il choisissait d’être candidat, une situation nouvelle serait alors créée, qu’il appartiendrait à chacun d’analyser.

Pour l’heure, l’UMP va se prononcer.
Pour ma part, et pour les raisons que je viens de dire, j’ai décidé d’apporter mon soutien à Nicolas Sarkozy.
09/01/2007

Alain Juppé

commentaires

09/01/07 - 13:48

Tiens...!!! Un post où M'sieur Népo va pouvoir se reposer... ^o)

09/01/07 - 13:57

Je trouvais cet article bien écrit. Je comprends mieux maintenant que j'ai tout lu.

Petite taquinerie en passant : Alain Juppé, qui est normalien et agrégé de lettres, a utilisé le néologisme "agiliser" (il voudrait qu'on agilisât l'État) ; j'attends avec impatience que l'on vienne s'en amuser autant que j'ai pu le faire à propos de la "bravitude" de Ségolène...

P.S. : mais, j'y pense seulement maintenant : ils sont tous les deux anciens élèves de l'ENA !!!

09/01/07 - 14:07

Quelle équipe !
Je pronostique une sacrée claque.

09/01/07 - 14:09

lol, Napinapo !

09/01/07 - 14:27

le pauvre ministre-maire-président de région-président de parti-candidat n'est pas près d'être élu avec de tels soutiens, déjà qu'il est officiellement soutenu par alain minc...

09/01/07 - 14:30

Il soutient Sarkozy comme la corde soutient le pendu. Dès que Chirac se présente en mars, il plantera Sarkozy.

09/01/07 - 14:50

" comme la corde soutient le pendu "

j'aime beaucoup, je la recaserai certainement

09/01/07 - 15:20

Le « Alain Juppé » de la fin déçoit cruellement. Le lecteur croyait depuis le début que c'était Loracle à qui ses supporters, nombreux suggéraient de « par courriel, par lettre, au hasard d’une rencontre » de se « présenter à la prochaine élection présidentielle » et qui reconnaisait : « Vous répondre que je n’y ai jamais pensé serait mentir. »

Hé non ! Ben tant pis.

09/01/07 - 15:22

(Notez que soutenir un candidat en écrivant « je connais ses faiblesses » c'est assez élégant - il est rigolo ce Juppé finalement, dans le genre délicatement assassin).

09/01/07 - 15:28

Votez à droite !

09/01/07 - 15:39

Anatole (prénom fictif) : la note que vous nous soumettez est exquise... :o)

09/01/07 - 15:42

LOL Anatole, c'est certain que Juppé sera plus fin que Chirac ou Villepin pour assassiner Sarkzoy, reprendre l'UMP et se présenter en 2012.

09/01/07 - 16:00

Cherchez l'erreur...
Y en a pas! Ce sont tous les deux de grands comiques!
Sauf qu'il y en a un dont on se souviendra toujours, alors que l'autre...on l'aura oublié dès le mois de juin...quel dommage!..
Il lui restera toujours le café théatre...

09/01/07 - 20:51

Juppé ayant été condamné personnellement pour ses agissements lors de la grande époque du RPR à Paris, il ne sera probablement jamais en position de briguer la présidence.

Et Chirac ne se présentera pas en 2007, faut refermer ses livres de contes, Noël est derrière nous.

10/01/07 - 11:07

Chirac dès 95 avait un nombre incalculable de casserolles au cul, ça ne l'a pas empêché d'être élu. Juppé fera de même, tlm s'en foutra dans 5 ans de ses condamnations, surtout les électeurs de droite.

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